Le gluten et bébé, je t’aime moi non plus

Le gluten et bébé, je t’aime moi non plus

Lorsqu’on démarre la diversification alimentaire le médecin ou pédiatre nous précise de ne pas introduire trop tôt des aliments riches en gluten. D’ailleurs c’est noté dans le carnet de santé. Mais il faut bien avouer que personne ne nous en dit plus et qu’en tant que maman on peut vite se retrouver perdue. Car “pas trop tôt” c’est quoi exactement ? Et puis quels sont ces “aliments riches en gluten” ?
Et la question qui peut trotter dans la tête c’est “pourquoi ?” Et qu’est-ce qui fait que c’est mauvais au tout début et puis visiblement pas gênant après ?
Comme d’habitude je vous partage les résultats de ma petite enquête sur le sujet et je vous assure que vous allez être surprise !

Qu’est-ce que le gluten ?

Définition

Ne parlons pas directement du gluten et de ce qui peut poser problèmes sans l’avoir bien défini. Ça nous empêcherait de comprendre les enjeux.

Le gluten est une des composantes du blé et tous ses dérivés, qui a la capacité de se coller à l’amidon et d’apporter ainsi une viscosité aux farines céréalières. C’est une sorte de colle alimentaire qui de part cette propriété et son faible coût intéresse grandement l’industrie agro-alimentaire qui en utilise partout et pour tout.

Le gluten est un mélange de prolamines et de gluténines, qui seront plus ou moins acceptées par l’organisme selon leurs proportions respectives. Visiblement ce sont les prolamines qui semblent être mal supportées.

Le problème avec le gluten

Le problème est que le gluten peut provoquer des réactions plus ou moins intenses lorsqu’on en consomme, à court, moyen ou long terme.

3 cas possibles de réaction au gluten :

🔺Elles peuvent provoquer une allergie à proprement parler : la personne souffre alors instantanément de rougeurs, d’oedèmes, de démangeaisons suite à l’ingestion de produits contenant du gluten, pouvant aller jusqu’au choc anaphylactique voit même la mort.

🔺Sans aller jusqu’à cet extrême, certaines personnes vont présenter différents signes physiques d’une intolérance à la prolamine, on parle alors de maladie coeliaque.

🔺 Et enfin, d’autres vont souffrir de maux similaires, seulement moins intense au niveau intestinal, mais qui peuvent toucher de nombreuses parties du corps comme nous le verrons plus bas. C’est la réaction auto immune du corps qui est différente, on parle alors de sensibilité (ou hypersensibilité) au gluten.

Mon enfant est-il coeliaque ou sensible au gluten ?

Reconnaître la maladie coeliaque

Julien Venesson ou encore Marion Kaplan définissent avec beaucoup de clarté et de précision (dans leur livre respectif “Gluten, comment le blé moderne nous intoxique” et “Manger sans gluten“) ce qu’est la maladie coeliaque et comment l’inflammation dans l’intestin se met en place.
Pour résumer ici, je définirais la maladie coeliaque par une réaction du système immunitaire de l’organisme envers les molécules de gluten qui ont pu passer la paroi de l’intestin des personnes concernées. Il s’agit d’une prédisposition génétique mais ce n’est pas non plus une fatalité. Certaines personnes peuvent ne pas la déclarer du tout. Mais il est aussi possible de la déclarer à tout âge.
La maladie peut être symptomatique, asymptomatique ou dormante.
Les réactions au niveau de l’intestin peuvent être très handicapantes : diarrhées chroniques, douleurs, indigestions… Cependant parfois les symptômes les plus douloureux sont extérieurs à l’intestin et concernent d’autres organes. Ce qui peut rendre le diagnostic difficile.
Ce qu’il faut surtout retenir c’est que la maladie coeliaque entraîne des lésions intestinales et des anticorps caractéristiques de l’intolérance au gluten. C’est ce point là qui la différencie de la sensibilité au gluten.

Pour savoir si notre tout petit souffre de maladie ceoliaque il faut se pencher sur
– les antécédents familiaux des deux parents
– les symptômes physiques qu’il peut présenter
– et bien sûr la corrélation entre ces symptômes et l’alimentation
C’est le point “positif” de cette maladie : elle disparaît (ou en tout cas se met en silence complet) sitôt qu’on enlève entièrement le gluten de l’alimentation. Que ce soit pour bébé ou pour tout adulte.

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Reconnaître la sensibilité au gluten

La médecine classique reconnaît la maladie coeliaque en tant que maladie car elle est facilement démontrable : présence d’anticorps et lésions des muqueuses. Mais pendant longtemps la sensibilité au gluten a été passée sous silence. Comme si cela n’existait pas.
Il y a quelques années en arrière, soit on était diagnostiqué “coeliaque”, soit on n’avait rien. Alors les personnes qui ne présentaient pas de preuve d’intolérance au gluten mais qui souhaitaient suivre ce régime alimentaire étaient stigmatisées et on leur faisait comprendre gentiment que c’était une mode et qu’il n’y avait pas de quoi en faire tout un plat.
Sauf qu’aujourd’hui, il est prouvé qu’il existe bel et bien une vraie sensibilité au gluten.
Cela se manifeste par des maux peut-être un peu moins violents que ceux qu’on a cités précédemment pour la maladie coeliaque, mais qui n’en sont pas moins handicapants au quotidien.

Les personnes qui souffrent de sensibilité au gluten vont présenter un état d’inflammation chronique qui se manifeste par des maux différents selon chacun. Et le nombre d’individus sensibles au gluten semble être bien plus élevé qu’on le pense…! Julien Vénesson parle de la partie émergée de l’iceberg lorsqu’il évoque la maladie coeliaque. Le reste de l’iceberg représenterait donc les personnes “sensibles” dont les symptômes les pénalisent de façon significative dans leur quotidien et qui peuvent soit connaître soit ignorer leur cause !

La sensibilité au gluten est plus sournoise à détecter chez son enfant que l’intolérance au gluten car les signes cliniques, physiques d’une allergie au gluten (lésions intestinales et présence d’anticorps comme on l’a vu plus haut) ne sont pas présents ici.
Par contre les symptômes peuvent être identiques à ceux qu’on a cités précédemment, ce qui peut être déroutant pour un médecin et entraîner des erreurs de diagnostics.
Ici aussi les symptômes peuvent être en lien direct avec l’intestin et le transit… ou pas du tout !

Notre médecine conventionnelle est souvent très réductionniste. Vous avez mal au bras, on traite le bras, vous avez mal à la tête on traite la tête. Les médecins, très peu formés à la nutrition hormis les médecins nutritionnistes, ont rarement une sensibilité holistique et les difficultés de diagnostics de cette maladie en sont un exemple criant.
Je ne pense pas qu’il soit constructif de jeter la pierre aux médecins, trop souvent débordés, et qui essaient de soulager les patients dans le peu de temps qu’ils ont à leur disposition. Cependant il me semble indispensable de recueillir plusieurs avis médicaux lorsque les problèmes de votre enfant persiste et de ne pas hésiter à consulter d’autres spécialistes que votre médecin généraliste : médecin nutritionniste, naturopathe, voir même ostéopathe… Les connaissances de chacun d’entre eux vont vous aider à y voir plus clair et à trouver des solutions adaptées. Si toutefois votre médecin pense à la maladie coeliaque, ou que vous lui suggérez, il pourra prescrire à bébé une prise de sang ou un test spécifique. Cependant, ces examens ne sont pas forcément fiables à 100%. La seule façon véritable façon d’en avoir le coeur net est de tester un régime strict sans gluten pendant plusieurs semaines et d’analyser les changements qui ont pu s’opérer sur la santé de votre enfant.

Le gluten peut-il être complètement sans risque pour bébé ?

J’ai bien peur que non…

Au fil de mes lectures et de mes recherches il m’a sauté aux yeux que, quelque soit la constitution et les prédisposition de bébé, il existe un risque bel et bien réel pour sa santé à long terme.

Je vais expliquer cela en 3 points.

1️⃣ N’importe qui peut développer un jour une hypersensibilité au gluten, lors d’une consommation trop importante ou régulière, en raison de l’agression permanente de la paroi intestinale qui risque de devenir plus poreuse avec les années.
2️⃣ Le gluten est pour rappel une colle que le corps ne peut de toute façon pas assimiler et traiter correctement. Sa consommation régulière expose l’organisme à un état inflammatoire chronique qui nuit à sa forme générale : plus de fatigue, système immunitaire affaibli, terrain plus propice à l’apparition de maladies chroniques en grandissant…
3️⃣ Le dernier élément n’est pas lié au terrain ou à l’intestin mais au métabolisme et à l’impact des aliments riches en gluten sur la glycémie sanguine. Ces aliments entraînent une sur production d’insuline qui, à long terme, peut devenir délétère : troubles métaboliques comme le prédiabète ou diabète de type 2.

Si vous voulez en savoir plus sur le lien entre glucides, variation de la glycémie, insuline et maladie, vous pouvez jeter un coup d’oeil à cet article : Les sucres pour bébé, hérésie ou nécessité ?.

Gluten, bébé, et restrictions : que dit la médecine ?

En creusant un peu on se rend bien compte qu’il y a une zone de flou sur ce sujet. Déjà les recommandations des médecins ou des pédiatres ne sont pas forcément les mêmes.

Certains recommandent d’éviter aussi longtemps que possible le gluten, d’autres ne voient pas où est le problème.

Je me rappelle que mon médecin avait rajouté à la main, sur le carnet de santé de mon fils dans la ligne “farine infantile” (partie introduction des aliments), la mention “sans gluten”.
Par contre, sur la ligne suivante (les céréales), recommandées par les autorités de santé à partir de 8 mois, on peut lire : “pain, pâtes fine, semoule, riz”. Toutes sauf le riz sont des céréales à gluten.

📲 Au niveau marketing, dans les rayons pour bébé on trouve de nombreux types de farines infantiles, pour la plupart faites à base de blé et pour la plupart affichées avec l’étiquette “dès 4 mois”. Je vous parle des farines infantiles dans cet article : Plus jamais de farine infantile à la maison, en raison justement de leur teneur en gluten mais également du sucre qu’elles renferment…

Gluten, bébé et addiction : que dit la science ?

On peut aussi rajouter un dernier élément qui est troublant :
Il semblerait que gluten agisse comme une drogue.
Je dis cela sans ironie et avec beaucoup de sérieux.

Les recherches et résultats d’études récentes semblent toutes mettre en avant cette caractéristique. Comme pour le sucre, le gluten appelle le gluten. Déjà le sentiment de satiété arrive très tardivement avec le gluten : baguette, pain de mie, pâtes… on pourrait en manger bien plus que de raison !
Mais en plus de cela les molécules de gluten activent le même circuit de récompense que le sucre et que d’autres drogues, ce qui se traduit par l’envie puis le besoin d’en manger beaucoup et le plus fréquemment possible.

➡️ Ainsi, habituer bébé depuis la diversification alimentaire à consommer beaucoup de pâtes, de pain, de semoule etc, contribuerait à enraciner chez lui, dans son cerveau, cette pratique alimentaire qu’il conserverait ensuite dans sa vie d’adulte de façon compulsive. À l’inverse, limiter les produits riches en gluten évite cette “dépendance” et les ouvre à plus de saveurs et d’aliments divers et variés.

Alors finalement que faisons-nous ?

Jouer la carte de la prudence à la maison

Alors que faire de tout cela ?
À la lumière de mes recherches et de tout ce que je vous ai partagé dans cet article je pense, à titre personnel, qu’il est préférable de jouer la carte de la prudence pour nos bébés. Finalement cela ne coûte rien ! À la maison il est facile de remplacer un maximum les céréales à gluten par des céréales sans gluten, des pseudo-céréales, des tubercules ou des légumineuses et de limiter ainsi les différents risques évoqués plus haut à nos bébés.
Je vous ai fait la liste d’ailleurs dans l’article : Quels sont les meilleurs féculents pour bébé ?, nous avons du choix alors profitons-en.

Bien sûr tous les troubles ou problèmes de santé que nous avons cités plus haut sont rarement visibles chez bébé, et pourtant ils prennent racines très tôt dans l’organisme.
En tant que Maman nous portons de multiples casquettes, endossons de nombreuses responsabilités, et celle d’être garante du capital santé de bébé n’en est pas des moindres !
Donc n’attendons pas de voir que quelque chose ne va pas pour agir.
La prévention est la meilleure des médecines.

Jouer la carte de la flexibilité à l’extérieur

Quand nous sommes avec bébé à l’extérieur, quand nous rencontrons un imprévu, lors de situations exceptionnelles, je pense que nous pouvons faire preuve de flexibilité et ne pas chercher à tout contrôler.
💪 Leur corps pourra gérer cette nourriture un peu plus “collante”, un peu moins digeste et s’accommoder du peu de richesse nutritionnelle qu’elle contient. Tant que c’est ponctuel et bien dosé, bébé va gérer comme un roi !
À moins bien sûr qu’il soit complètement allergique ou fortement intolérant ! Dans ce cas pas d’excès ou d’écart, il en souffrirait immédiatement.

Voici, entre autres, les livres qui m’ont inspirée, qui m’ont aidé à mieux comprendre comment cela fonctionnait, et qui m’ont permise de cheminer vers une alimentation à 90% sans gluten pour bébé et toute la famille !

J’espère que cet article vous a plu. Vous pouvez le commentez et/ou le partager !

 💬 À très vite sur dis-maman.fr !
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